太極拳 - Practical Tai Chi Chuan - WUDANG

Au sein de l’association est enseigné le Tai Chi Chuan (Taiji Quan) de CHENG Tin-Hung [郑天熊 ZHENG Tian Xiong] (1930-2005). Déclinaison de la forme WU (voir si contre « la lignée de l’école », il a donné le nom à son style celui de « Wudang Tai Chi Chuan » en hommage aux Monts Wudang, berceau légendaire des arts martiaux internes. Son art est propagé et perpétué dans le monde par son plus proche disciple, maître Dan Docherty sous le nom de son école :  Practical Tai Chi Chuan International  (PTCCI). Aujourd’hui, pour simplifier, nous disons tout simplement Wudang pour présenter cette école et ce système.

En quelques mots, Le Taiji Quan est un art martial dont on attribue la paternité au légendaire ZHANG San Feng qui vécut dans les Monts Wudang situés au centre de la Chine. Bien que son nom soit tardif (fin XIXe siècle), il puise ses origines dans différents styles de boxe du Nei Jia Quan (boxe de style interne) et les sources connues remontent au XVIIe siècle. Art chevaleresque d’esquive et de défense, le Taiji Quan a cette particularité d'être accessible à tous et à tout âge… pourvu qu’on s’en donne un peu la peine, et surtout l’envie !

Mais, pourquoi écrit-on ou dit-on Tai Chi, Tai Chi Chuan et Taiji Quan ?

Tai Ji est un concept, une philosophie, mais aussi une expérience : il faut le vivre pour le connaître. On ne peut le définir car il est sans limites. Sa signification sera celle que vous lui donnerez - aussi simple ou particulière, - aussi profonde ou universelle que vous l’estimerez. En un sens, le Tai Ji ne sera ni plus ni moins que la compréhension que vous en aurez, ou que la définition que vous tenterez d’en faire ; cependant, il dépassera toujours les limites que vous lui fixerez.

Chungliang Al Huang, extrait du livre Tai Ji Danse du Tao

- Tai Chi Chuan : récupération de la transcription phonétique du chinois vers l’anglais. Introduit en Angleterre et aux États-Unis d’Amérique dans les années 60, la France et d’autres pays ont juste repris ces mots transcrits par les Britanniques et en ont conservé leur graphie.

- Tai Chi : terme populaire depuis les années 70, où il prend la connotation d’exercices de santé ; le Chuan martial disparait. Plus simple à dire et à enseigner. En Chine, depuis les années 60, sa pratique est également connotée mouvements de santé (pratiquer l’art martial n'était pas bien vue par le gouvernement).

- Taiji Quan : transcription chinoise officielle en pinyin (romanisation de l’écriture chinoise en vigueur depuis 1959). Terme désignant l’art martial dans sa globalité et intégrité.


Taiji Quan, dans sa traduction littérale désigne : Le Poing/La Boxe (Quan) du Faîte Suprême (Taiji).
« Taiji » désigne en chinois le principe  Yin Yang, d’où l’idée émanant du Tao.
« Quan » désigne le poing, d’où la boxe, d’où… l’art martial et le combat.

Aussi, entre la «Danse du Tao » évoqué par le philosophe Chungliang Al Huang et l’enseignement du Wudang Tai Chi Chuan ou le «  Practical Tai Chi Chuan » de maître Dan Docherty et CHENG Tin Hung, nous avons une étendue suffisamment vaste pour que chacun y trouve son bonheur : ceux qui souhaitent l’aspect plus tourné vers la santé et le bien-être jusqu’à ceux qui souhaitent acquérir les techniques d'esquives et d'auto-defense. Dans le premier cas, beaucoup d’enseignants proposent des cours ; dans le second cas, c’est un peu moins fréquent.

Ne te vante pas de ta technique, de la réputation de ton maître, ou de la perfection de ton style. Le kung-fu, c'est deux mots : Horizontal - Vertical. 
Une erreur : horizontal. Seul le vainqueur reste debout.

IP Man (citation extraite du film The Grandmaster de Wong Kar-Wai)

Quant à savoir quelle école, quel maître, quelle lignée, etc., qu’est-ce qui est le plus important ? L’essentiel n’est-il pas de trouver « son Tai Chi", sa voie de pratique qui amène au calme et à la maitrise (Gong Fu/Kung Fu) ? 

Qu’importe de rechercher et qui du style «ancestral» et qui du style «originel» : la société, notre environnement, les maîtres et instructeurs, tout a évolué et s’est transformé au cours des années, des décennies et des siècles. Seuls les principes fondamentaux relatifs au Taiji Quan en tant qu’art martial s’inscrivent dans la durée et s’imprègnent encore de l’esprit confucéen pour les Chinois parce que c’est dans leur culture, et pour nous, parce que nous souhaitons nous approcher d’un état d’esprit qui se veut en corrélation avec ces origines orientales. La pratique vient toujours de quelque part : inutile d’arrêter le temps à une époque ou une autre. De toute façon, de part la transmission orale, nous ne pouvons pas ou ne pouvons plus retranscrire les procédés utilisés. Et nous-mêmes sommes venus à pratiquer cette discipline pour une raison qui nous est chacun à la fois propre et différente. C’est de notre démarche que nous cheminons à présent. Le grand maître YE Wen (Ip Man) nous le fait remarquer : qu’importe que cela vienne d’ici ou de là, l’important est ce que nous en faisons, et d’être en accord avec soi-même. 

Car le Taiji Quan est vivant. Cela veut dire qu’il vit par celui qui le pratique.

Le Tai Chi convient à tout le monde et a beaucoup à offrir. L'équation est simple. Trouvez d'abord un bon maître et une méthode appropriée, puis pratiquez tous les jours. Je vous souhaite beaucoup de succès. 

Dan Docherty — extrait de Avant-propos, « La Bible du Tai Chi »

Que signifie Tai Ji ? On connaît bien ce symbole ☯ que nous avons pris l'habitude de nommer "Yin Yang ». L'idéogramme qui signifie "Ji" 極 est décrit par Cyrille Javary de la manière suivante (extrait du "discours de la tortue" aux éd. Albin Michel — avec l'aimable autorisation de l'éditeur —) :

"L'idéogramme se compose de deux éléments. A gauche, le radical arbre, signe général des objets façonnés en bois. A droite, un groupe complexe dans lequel on distingue la représentation d'un être humain, placé entre ciel et terre et encadré par les signes de la parole et de l'action. L'ensemble de l'idéogramme évoque donc un objet façonné en bois et situé deux fois à la jonction entre les éléments d'une dualité concertante.

Sur la nature de cet objet, tout le monde est d'accord. Il s'agit de la poutre maîtresse, celle située au plus haut de la charpente […] la symbolique que l'on peut en tirer dépend étroitement du point de vue à partir duquel on considère cette poutre. Si l'on se place à l'intérieur d'un bâtiment, cette poutre sera vue comme ce qui couronne et maintient la charpente, la cause première de sa stabilité, image qui va se superposer avec une métaphore très familière aux chrétiens, celle de la clé de voûte des coupoles des églises romanes. […] Transposant cette métaphore sur les édifices chinois, les missionnaires regarderont tout naturellement cette poutre faîtière comme un "faîte suprême", qu'il suffira d'orner de majuscules pour qu'il devienne une sorte d'avatar orienta du "fait suprême" créateur de toutes choses au Ciel et à la terre. […] La clé de voûte ne peut se contempler que de l'intérieur — de l'extérieur elle est recouverte par la toiture —, la poutre maîtresse des bâtiments chinois, en revanche, est invisible de l'intérieur. […] Le changement de lieu d'observation modifie sensiblement l'ensemble du point de vue et toute la symbolique qui en découle. De l'extérieur, la poutre faîtière ne peut pas être perçue comme une sorte de sommet absolu et inaccessible vers lequel converge tout ce qui s'élève, induisant l'idée d'un idéal supérieur qui ne se peut contempler qu'en levant la tête et en joignant les mains. De l'extérieur, la poutre faîtière devient la manifestation d'un retournement, l'endroit où la pente du toit change de sens. C'est pour cela qu'elle deviendra pour l'esprit chinois le symbole général du retournement incessant, familier de la pensée du changement."