Kenji Tokitsu, bien qu’il ne soit pas issu de la lignée Wudang, offre des réflexions intéressantes dans son livre intitulé simplement « Tai Chi Chuan ». Voici un extrait de son ouvrage :
« La majorité des adeptes du Tai Chi Chuan ne sont pas intéressés par l'aspect martial et se contentent de s'exercer pour une pratique énergétique et de bien-être. C'est un aspect, certes, positif en tant que pratique corporelle d'origine martiale.
Pour pouvoir pratiquer longtemps un art martial et progresser continuellement, il faut que la méthode permette une efficacité sur deux plans : celui du maintien et du renforcement de la santé et celui du combat.
Le Tai Chi Chuan permet cette efficacité sur les deux plans.
Cet ouvrage cherche à mettre en évidence le second aspect du taï-chi-chuan, peu connu, afin de réfléchir sur la méthode d'un entraînement plus riche. L'intérêt de cette recherche est double :
Un des problèmes de l'enseignement du Tai Chi Chuan vient de ce que les détails varient selon les professeurs. Rigoureusement parlant, s'il y a cent maîtres de Tai Chi Chuan, il y a cent pratiques qui différent dans les détails. La raison principale en est qu'ils effectuent des mouvements sans se référer à une situation concrète du combat. Les gestes tendent alors à devenir abstraits et deviennent difficiles à mémoriser et à transmettre avec précision. En effet, un grand nombre de gestes semble s'évaporer dans un espace ambigu, ce qui est dommage puisque chaque geste a un objectif énergétique et technique. »
Kenji Tokitsu : Taï-chi-chuan, origines et puissance d’un art martial. Ed. désiris